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L'éditorial de Alain Godonou, Directeur de l'EPA
Chers lecteurs,
Vous nous permettrez de dédier ce numéro à la mémoire d'Emmanuel Arinze qui nous a quittés il y a quelques semaines. Emmanuel était un aîné pour la plupart des professionnels africains du patrimoine. Depuis plus de 30 ans, il était de tous les combats. Chez lui, au Nigeria, comme un peu partout sur le continent, il a participé à la mise en place de la quasi-totalité des institutions du patrimoine qui ont compté ou qui comptent. Il était au lancement de l'EPA en 1997.
Au-delà de tout ce qu'il a pu apporter au cours de sa longue carrière, Emmanuel est celui qui a commencé à donner une image autonome et positive de la profession des gens de musée en Afrique. Il a rendu fière une profession dont les membres avant lui, étaient cantonnés dans un statut d'obscurs assistants de chercheurs de disciplines anthropologiques diverses.
Nous revenons dans ce numéro sur la visite du Président allemand Köhler à l'EPA en décembre dernier en publiant un extrait des échanges qu'il a eus avec nous. Des hôtes de marque continuent de nous rendre visite….
Il est sain de s'arrêter de temps en temps pour mesurer le chemin parcouru et réfléchir sur ce qui reste à faire ; c'est le sens de notre dossier de ce mois où nous vous proposons un bref résumé du dernier conseil d'administration de l'EPA, du plan de développement stratégique adopté à cette occasion pour les quatre prochaines années, et des mutations en cours dans la maison.
" Le plus petit canton de l'univers est immense, si la main est vaste, et le vouloir non las ! " (Aimé Césaire, La tragédie du Roi Christophe). Ainsi va l'EPA, petit canton et chantier immense…
Jean-Paul II a reçu avec amabilité certains d'entre nous lors de notre séjour italien, en tant qu'étudiants PREMA à Rome, il y a quelques belles années. A un moment où le monde entier célèbre sa mémoire, nous tenons à marquer notre déférence à ce Très Grand Homme.
Cher Emmanuel, Très Saint Père, que la terre vous soit légère !
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Alain Godonou's Editorial - a message from the Director of EPA
Dear Readers,
We have taken the liberty of dedicating this issue to the memory of Emmanuel Arinze, who passed on a few weeks ago. Emmanuel was an elder brother for most African heritage professionals. For more than 30 years, he was in the thick of every battle. In his own country, Nigeria, as well as in many other places on the continent, he participated in the setting up of almost all heritage institutions of importance. He participated in the launching of EPA in 1997.
Alongside the many achievements of a long career, Emmanuel more than anyone enabled to the museum profession in Africa to acquire a positive and autonomous image. He gave pride to a profession whose members were previously relegated to the status of obscure assistants to researchers in various anthropological disciplines.
In this issue we recall the visit of President Köhler of the Federal Republic of Germany to EPA last December by publishing an excerpt of the dialogue he had with us. Personalities continue to visit us...
It is good to pause sometimes in order to look back on what has been achieved and think about what still needs to be done. This is the focus of this issue's special feature, in which we give a short summary of the last EPA board meeting, the strategic development plan adopted at the meeting for the next four years, and the changes in progress at EPA.
"The smallest part of the universe is immense if the hand is wide and the will indefatigable!" said Aimé Césaire in La tragédie du Roi Christophe. Such is EPA - a small part of the universe and a great building site...
John Paul II graciously welcomed some of us during our stay in Italy, when we were students at the PREMA course in Rome, many happy years ago. At a moment when the whole world celebrates his memory, we would like to pay our respects to this Very Great Man.
Dear Emmanuel, Very Holy Father, may you both rest in peace!
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L'invité : S.E. M. Horst Köhler, Président de la République Fédérale d'Allemagne
Horst Köhler est né en 1943 à Skierbieszòw, Pologne, de parents agriculteurs d'origine allemande. Il entame sa carrière politique après des études en sciences économiques à l'université de Tübingen. Il est élu neuvième président de la République fédérale d'Allemagne le 23 mai 2004. Cet entretien a eu lieu le 10/12/2004 en marge de la visite qu'il a effectuée à l'EPA lors de son séjour au Bénin.
La Lettre de l'EPA : Votre insistance à vouloir échanger avec les artistes et les gens de culture béninois et africains a beaucoup surpris ; qu'est-ce qui vous a motivé véritablement ?
S. E. M. Horst Köhler : Il y a au moins deux raisons. La première est qu'à travers ma vie personnelle aussi bien que dans l'exercice de mes fonctions, j'ai pu voir des inégalités au sein des hommes et cela est toujours très émouvant pour moi. Mais en même temps, et surtout en Afrique où il y a une grande pauvreté et où on vit parfois dans l'angoisse de la survie, je me suis rendu compte que grâce aux artistes, il peut y avoir de l'harmonie, de l'espoir, des idées, de l'inspiration ; et cela est important. Les arts peuvent nous donner de l'espoir.
La deuxième raison c'est que quand j'étais élève, et par la suite dans ma jeunesse, j'ai toujours su que la musique jazz a ses racines en Afrique. Ainsi, je suis entré en contact assez tôt avec la culture africaine ; je voulais concrétiser mon engagement pour cette culture en la faisant connaître par beaucoup plus de personnes en Allemagne, en Europe, car je suis convaincu qu'elles pourraient beaucoup en apprendre.
EPA : Comment appréciez-vous la mondialisation ? Quelles en sont les conséquences, négatives, qui vous inquiètent le plus ? Et quelles en sont les conséquences, positives, auxquelles les artistes et les gens de culture africains devraient être particulièrement attentifs ?
S. E. M. Horst Köhler : Vous posez beaucoup de questions auxquelles je vais essayer de répondre. Mais avant, je voudrais dire quelque chose à propos de la discussion précédente. Selon mes propres expériences, il est très important que les Africains retrouvent leur conscience, leur fierté en tant qu'Africains et à l'intérieur de l'Afrique. Cependant, ce n'est pas chose facile lorsqu'on considère l'histoire liée à l'esclavage, à la colonisation par l'Occident. Mais vous devez déterminer cette voie, la déterminer par vous-même, car si vous vous mettez à imiter, vous n'aboutirez à rien. La conscience de son état, la fierté de soi sont importantes pour pouvoir s'affirmer dans un monde de l'internationalité, dans un monde de mondialisation.
Pour revenir à la mondialisation, je dirais qu'elle n'est ni bonne, ni mauvaise. La mondialisation dépend uniquement de ce que nous, êtres humains, voulons en faire. C'est pour cela que la mondialisation a besoin d'être organisée politiquement. En nous appuyant sur une bonne organisation politique, nous devons nous demander quelles sont les meilleures voies, car nul au monde, que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe, ne doit se résigner à la pauvreté.
Il est important de faire remarquer qu'aucun pays n'a une recette pour la mondialisation, valable pour tout le monde, qui indique comment en exploiter les bons côtés et comment en combattre ou en éliminer les mauvais côtés.
Il n'est pas moins important d'attirer notre attention sur le fait que la population mondiale croît constamment ; nous sommes aujourd'hui 6 milliards sur la terre et si la croissance démographique continue ainsi, particulièrement en Afrique, en 2030 ou en 2050, la terre abritera 9 milliards d'hommes. Ils voudront et devront tous se nourrir. Nous devons donc comprendre que nous vivons sur une planète dont les biens disponibles se font rares et nous ne devons pas négliger les moyens et les expériences dont nous disposons pour affronter cette rareté. Je pense alors, pour ma part, que pour une organisation positive de la mondialisation, nous devons accepter la concurrence en tant que facteur de régulation. La concurrence pousse à s'améliorer, à avoir de meilleures idées ; grâce à la concurrence, on fait des efforts de créativité, on mobilise de l'énergie. Et l'Afrique ne peut pas se mettre en marge de ce facteur de concurrence, que cela soit dans le domaine de l'artisanat, de l'écologie !!! Je n'ai pas donné ici des réponses précises ; cela ne signifie pas que vous n'obtiendrez pas des aides mais le principe de la concurrence et de la prise de responsabilité par soi-même et par sa nation doit être accepté.
EPA : Merci beaucoup M. le Président de la République.
NB : Traduit de l'allemand avec l'aide des services de l'ambassade d'Allemagne au Bénin
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Our guest: H.E. Mr. Horst Köhler, President of the Federal Republic of Germany
Horst Köhler was born in 1943 in Skierbieszòw, Poland, of peasant parents of German origin. He started his political career after studying economics at the University of Tübingen. He was elected ninth President of the Federal Republic of Germany on May 23, 2004. This interview took place on 10/12/2004 during his visit to EPA while on a State visit to Benin.
The EPA Newsletter: Your insistence in wanting to meet and discuss with Beninese and African artists and people of culture was surprising. What really motivated you?
H.E. Mr. Horst Köhler: There are at least two reasons. The first is that throughout my personal life as well as in the context of my work, I have seen inequality between human beings, and that has always been very painful to me. But at the same time, and especially in Africa where there is great poverty and where one sometimes lives with the dread of not being able to survive, I realised that thanks to artists, there may be harmony, hope, ideas, inspiration; and this is very important. Art can give us hope.
The second reason is that since I was a schoolboy and then later in my youth, I always knew that jazz had its roots in Africa. That is how I came very early into contact with African culture. I wanted to concretise my interest in this culture by making it known to many more people in Germany, in Europe, because I am persuaded that they could learn a lot from Africa.
TEN: How do you like globalisation? What are the negative consequences that worry you most? And what are its positive consequences that artists and people of culture should pay particular attention to?
H.E. Mr. Horst Köhler: You ask many questions, and I will try to answer them. But before, I would like to say something concerning our previous discussion. According to my own experience, I think that it is very important that Africans get re-united with their conscience, their pride as Africans and within Africa. However, this is no simple matter when one considers history linked to the slave trade and to colonisation by the Western world. But you must find the right way, find it by yourselves, because if you imitate others, you won't get anywhere. Consciousness of one's being and self-pride are important in order to impose one's self in an international world, in a globalised world.
To come back to globalisation, I would say that it is neither good nor bad. Globalisation depends only on what we, as human beings, want to do with it. That is why globalisation needs to be politically organised. By taking advantage of a good political organisation, we should ask ourselves what are the best ways, because no one in the world, be it in Africa, Asia, America or Europe, should resign themselves to poverty.
It is important to stress that no country has a recipe for globalisation, which could be applicable to everyone, that shows how to take advantage of its good aspects, and how to fight against or eliminate its bad aspects.
It is also important to stress that the world population is growing constantly. Today we are 6 billion on earth and if demographic growth goes on as it is, particularly in Africa, there will be 9 billion people on earth in 2030 or 2050. They will all want to be fed and will have to be fed. We should therefore understand that we live on a planet whose available riches are becoming scarce and we should not under rate the means and the experience that we possess to face this. I therefore think that for a positive organisation of globalisation we should accept competition as a regulative factor. Competition encourages us to improve ourselves, to have better ideas. Thanks to competition we become more creative, we mobilise energy. And Africa cannot stay away from this competition factor, whether it is in the area of handicraft or ecology!! I have not given precise answers here, but it doesn't mean that you will not obtain any support, but the principle of competition and the necessity of being responsible, for oneself and for the nation, must be accepted.
TEN: Thank you very much.
N.B. Translated from German with the help of the German embassy in Benin.
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Dossier : l'EPA en chantier
Conseil d'administration EPA et plan stratégique 2005-2008
L'objectif de la deuxième session ordinaire du Conseil d'administration de l'EPA, réuni le 15 septembre 2004 à Porto-Novo au Bénin, était d'analyser l'état d'avancement de la construction de l'EPA à mi-parcours du Fonds EPA et de définir les orientations pour les quatre années suivantes. Une minutieuse préparation a permis, sans précipitation, d'épuiser tous les points de l'ordre du jour. Il faut dire que la mise en place des procédures de gestion consignées dans deux manuels, le manuel de gestion administrative et le manuel de gestion financière, de même que la réalisation d'un audit financier annuel par un cabinet indépendant accrédité a facilité l'analyse des résultats.
Le Conseil a félicité le directeur et son équipe pour le sérieux de la gestion et la qualité des résultats obtenus ces dernières années. Sur les questions du personnel permanent, il a demandé d'étudier la possibilité d'une augmentation des salaires qui sont restés bloqués les quatre dernières années ; les ratios moyens actuels de 15 % des frais de fonctionnement par rapport au volume des activités et de 50 % des frais de personnel par rapport aux frais de fonctionnement étant relativement bas par rapport aux organisations similaires.
Le Conseil après discussion a validé les orientations du plan de développement stratégique présenté par l'équipe pour la période 2005 - 2008.
Ce plan s'articule autour de trois objectifs opérationnels majeurs et d'un objectif spécifique relatif à la mise en place du fonds EPA (voir plus bas) :
- Améliorer les capacités des ressources humaines au profit des institutions du patrimoine africain en continuant à former de façon systématique, aussi bien dans un cursus diplômant qu'à travers les ateliers et cours thématiques ;
- Mettre en place ou amplifier les programmes destinés à accroître l'attention des citoyens africains au patrimoine culturel, la jeunesse étant une cible prioritaire ;
- Renforcer les capacités d'intervention de l'EPA par la formation des formateurs issus du réseau EPA, par la formation continue du personnel et par l'aménagement de nouveaux espaces de formation et de travail au siège.
Le coût moyen estimé de cette partie du plan de développement stratégique est de 1,38 million d' euros.
Il convient de rappeler que selon l'esprit et la lettre des statuts de l'EPA, le Conseil d'administration, dans le cadre des missions de l'établissement, joue effectivement un rôle de conseil, de garde-fou, d'accompagnement ainsi que de soutien et qu'une grande marge d'initiatives est laissée à la direction de l'EPA dans l'élaboration et la conduite des programmes avec pour corollaire l'entière responsabilité de la mobilisation des ressources nécessaires.
Ce Conseil s'est déroulé sous la présidence du Pr. Célestin Hounkpê, vice-recteur de l'Université d'Abomey Calavi, chargé des affaires académiques ; du Dr Nicholas Stanley-Price, directeur général de l'ICCROM, vice-président ; de MM. Oumarou Nao (Burkina Faso) et Manzambi Vuvu (Angola), représentant respectivement les réseaux francophone et lusophone et de Mme Noëllie Mikponhoué, responsable du service Musées, représentant la Direction du Patrimoine Culturel du Bénin.
- Réorganisation à l'EPA
L'organigramme de l'EPA change avec une restructuration en six pôles au lieu de quatre précédemment : Formations et recherches, Musées, Territoires et patrimoines, Editions, Projets spéciaux et Administration et gestion.
- Baba Keïta, ancien Coordinateur de la Formation à l'EPA depuis 1998 a rejoint l'ICCROM comme chef de projet au programme Africa 2009. Merci Baba et bonne continuation!
- Gérard Tognimassou, responsable de l'ancien Pôle Editions et communication prend en charge le nouveau Pôle Formations et recherches. Tous nos voeux de succès, Gérard !
- Domingos Ziva, conservateur à l'Institut national du patrimoine culturel, Angola, nous rejoint comme Chargé de mission au Pôle Musées qu'il aidera à structurer. Bienvenue Ziva !
Consultez le nouvel organigramme sur notre site : http://www.epa-prema.net. AG, AAA
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Special feature: re-organisation of EPA
- EPA board meeting and 2005-2008 strategic plan
The objective of the second ordinary session of the EPA Board meeting held on September 15, 2004 in Porto-Novo, Benin, was to analyse the progress of the construction of EPA halfway to completing the EPA Endowment Fund and to define orientations for the next four years. Detailed advance preparation enabled us to cover all the points in the agenda without rushing through it. It should be stressed that the existence of procedural manuals for administrative and financial management, as well as an annual financial audit carried out by an independent accredited firm, made the analysis of results easier.
The Board congratulated the director and his team for the dependibility of management and the quality of achievements of the past few years. Concerning the permanent staff, the Board asked that the possibility of raising salaries, which have been blocked for four years, be examined. The current average ratios of 15% of running costs in relation to the turnover, and 50% of staff costs in relation to running costs, are relatively low compared to similar organisations.
After discussion, the Board validated the orientations of the strategic development plan presented by the team for the 2005 - 2008 period.
This plan is articulated around three major operational objectives and one specific objective relating to the setting up of the EPA Endowment Fund (see below):
- Improving the human resources capacities for the benefit of African heritage institutions by continuing to train systematically, not only through a diploma course, but also through thematic courses and workshops;
- Setting up or improving programmes designed to increase awareness by African citizens of cultural heritage, with youths being a priority target;
- Reinforcing EPA's intervention capacities by the training of trainers from the EPA network, by professional training and by building and equipping new training and working spaces at EPA headquarters.
The average estimated cost of this strategic development plan is of 1,380,000 euro (1,780,000 USD).
It is appropriate here to remember that in accordance with both the spirit and the letter of EPA statutes, the Administrative Board, in the context of the organisation's missions, in fact plays an advisory, safeguarding, accompanying and support role, and that a wide margin is left to the director of EPA to take initiatives in the drawing up and implementing of programmes, with the consequence that he has full responsibility for the mobilisation of necessary resources.
This Board meeting took place under the presidency of Pr. Célestin Hounkpê, vice-rector of the University of Abomey Calavi, head of academic affairs, of Dr Nicholas Stanley-Price, Director-General of ICCROM, vice-president, of Messrs Oumarou Nao (Burkina Faso) and Manzambi Vuvu (Angola), representing the French- and Portuguese-speaking networks respectively, and of Mrs Noëllie Mikponhoué, head of the Museums department, representing the Cultural Heritage Directorate of Benin.
- Re-organisation of EPA
The EPA organisational structure has been changed, with six departments now instead of four previously: Training and Research, Museums, Territories and Heritage, Publishing, Special Projects, and Administration and Management.
- Mr. Baba Keïta, Training Coordinator at EPA since 1998 has been appointed project coordinator of the Africa 2009 programme, at ICCROM. Thank you Baba and we wish you success!;
- Mr. Gérard Tognimassou, former Coordinator of the Publishing and Communications department will be in charge of the new Training and Research Department. All our wishes for success Gérard!
- Mr. Domingos Ziva, curator at the National Cultural Heritage Institute, Angola, has joined us as Project manager of the Museums Department, which he will help set up. Welcome Ziva!
See our new organisational structure on our web site at http://www.epa-prema.net. AG, AAA
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Formation : Conservation des documents graphiques
Ceux qui connaissent la situation des archives en Afrique savent qu'elle est dramatique, en termes de conservation. En effet, malgré leur fragilité, les documents d'archive sont stockés le plus souvent dans des conditions précaires, quand ils ne sont pas soumis à des autodafés qui font disparaître des pans entiers de notre mémoire.
Or, les institutions de formation en archivistique et en bibliothéconomie sur le continent ne peuvent pas prendre en charge sérieusement les questions liées à la conservation de ce patrimoine, sans rallonger démesurément leurs cursus.
Sollicitée depuis quelques années pour s'ouvrir aux professionnels de ce secteur, l'EPA a organisé du 7 au 25 février 2005, son premier cours sur les " principes de base pour la conservation des documents graphiques ". Au total, 13 professionnels des archives, bibliothèques et de musées du Bénin, du Burkina Faso, de la République du Congo, du Mali, du Sénégal et du Togo ont participé à cette première session dont l'objectif était de les rendre capables d'identifier les dangers que courent les documents graphiques, d'exécuter ou de conseiller des interventions de premier secours pour leur conservation.
Les travaux dirigés et pratiques organisés à l'EPA et dans les salles des Archives nationales du Bénin ont permis aux participants de travailler en situation réelle.
Face à l'ampleur de la demande, unanimement reconnue par les participants et leur tutelle, l'EPA entend renouveler périodiquement cette session de formation et ouvrir une filière de spécialisation dans le cadre de son prochain cours universitaire international diplômant.
" L'initiative prise par l'EPA pour impliquer désormais dans ses cursus de formation les professionnels en charge des archives et bibliothèques est salutaire en ce qu'elle constitue une réponse aux préoccupations exprimées par ceux-ci " a déclaré Mme Fatima Fall, conservatrice du musée du CRDS de Saint-Louis au Sénégal, l'une des principaux animateurs du cours.
Cette formation pilote s'est déroulée grâce à l'appui de la Coopération Italienne, de l'ICCROM, et en partenariat avec l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et la Direction des Archives Nationales du Bénin.
GT
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Training: Conservation of graphic documents
Those who are familiar with the state of archives in Africa know that the situation is critical in terms of conservation. Despite their vulnerability, archives are often kept in highly unsuitable conditions, even when they survive systematic destruction wiping out whole chapters of our collective memory.
Institutions offering training in archive and library management on the continent cannot seriously take control of issues linked to the conservation of this heritage without greatly extending the time devoted to training.
Requested for a number of years to open its training courses to professionals from this sector, EPA organised from February 7 to 25, 2005, its first course on the "Basic principles in conservation of graphic documents". Thirteen professionals from archives, libraries and museums in Benin, Burkina Faso, Republic of Congo, Mali, Senegal and Togo participated. The objective of the session was to enable participants to identify the dangers that threaten graphic documents, and to carry out or to advise on emergency interventions for their conservation.
Practical work organised at EPA and on the premises of the National Archives of Benin enabled participants to work in
real-life situations.
In view of the great demand, unanimously recognised by the participants and their supervisory bodies, EPA intends to periodically renew this course and to open a specialised training session on the subject in the context of its next international degree course.
"EPA's initiative to involve professionals in charge of archives and libraries in its curricula is a great step forward because it is a response to their concerns", says Ms. Fatima Fall, curator at the CRDS museum of Saint-Louis, Senegal, and one of the main facilitators of the course.
This pilot course took place through the support of Italian Cooperation, ICCROM, and in collaboration with the University of Paris I Panthéon-Sorbonne and the Direction des Archives Nationales of Benin. GT
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Mission : Sauvegarde de Bandjoun
A la suite de l’incendie survenu au palais de la Chefferie Bandjoun dans l’ouest du Cameroun, une mission de l’EPA a séjourné sur les lieux du 30 janvier au 9 février 2005.
Les conséquences du sinistre paraissent moins dramatiques que ce que les médias en ont dit. Les collections du musée ont été sauvées en grande partie. Cependant, il est à noter que certaines pièces importantes, notamment quelques attributs du pouvoir royal (peaux de panthère, coiffures, textiles cérémoniels) ont brûlé.
Ce qui a surtout été victime des flammes c’est l’imposante " maison communautaire " qui est très importante dans l’imaginaire des Bamiléké du Cameroun : c'est le symbole de la chefferie, de la royauté. C’est sans doute pour cela que la charge émotionnelle due au sinistre est énorme et que cette catastrophe est considérée de fait comme un grand deuil dans la communauté.
Selon les avis les plus répandus, cet incendie serait criminel et lié aux différends internes à la chefferie Bandjoun, récemment secouée par des querelles de succession. Il est à noter que quelques semaines avant l’incendie, il y a eu des cas de vol avérés. L’un des malfrats chez qui on aurait retrouvé une partie d’un majestueux poteau volé et maintenant de nouveau au musée royal serait sous les verrous.
Nos remerciements à sa Majesté Honoré Djomo, à l’équipe du musée, pour leur accueil, aux collègues camerounais, aux autorités du ministère de la Culture du Cameroun, aux services culturels français et au Bureau UNESCO du Cameroun qui ont soutenu et accompagné cette mission. AG
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Mission: Safeguarding Bandjoun
Following the fire that devastated the palace of the Bandjoun chiefdom in the West of Cameroon, an EPA mission remained on the premises from January 30 to February 9, 2005.
The effect of the fire seems less dramatic than what the media seemed to imply. The greater part of the museum's collections were saved. However, a number of important artefacts, particularly some regalia (leopard skins, head-dresses, ceremonial textiles) were burned.
What was particularly damaged by the fire was the imposing "communal building", which plays a major part in the culture of the Bamileke of Cameroon, being the symbol of the chiefdom and of royalty. This fact doubtless accounts for the highly emotional response to the fire and explains why this catastrophe is viewed as such a great loss by the community.
It is generally believed that the fire was of criminal origin, and linked to internal struggles within the Bandjoun chiefdom, which has recently been the object of succession disputes. A few weeks prior to the fire a number of thefts were reported. One of the robbers is now in custody, after a fragment of a beautiful pillar which was stolen was found in his house. This has now been returned to the royal museum.
Our thanks to His Majesty Honoré Djomo, to the museum staff for their welcome, to our Cameroonian colleagues, to the authorities of the Ministry of Culture of the Cameroon, to the French Cultural Service and to the UNESCO Office in Cameroon, for supporting and accompanying this mission. AG
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Ils nous ont rendu visite
Le 22 février 2005, S.E. Wayne E. Neill, Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique auprès du Bénin, accompagné de M. John A. Cushing, directeur du Centre Culturel Américain et d'une importante délégation, s'est rendu à l'EPA. Il s'est dit impressionné par le travail de l'EPA qu'il a assurée de son soutien.
Le 29 mars, l'EPA a reçu Mme Conny Mayer, membre du Parlement allemand, accompagnée de M. Klaus Loetzer, représentant résident de la fondation Konrad Adenauer au Bénin.
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They visited us
On February 22, 2005, H.E. Mr. Wayne E. Neill, Ambassador of the United States of America in Benin, accompanied by Mr. John A. Cushing, director of the American Cultural Center and a large delegation visited EPA. He said he was astonished by the work carried out and assured the staff of his support.
On March 29, Ms Conny Mayer, member of the German Parliament, accompanied by Mr. Klaus Loetzer, resident representative of the Konrad Adenauer Foundation in Benin, visited EPA.
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Des nouvelles du Fonds EPA

Mettre en place un établissement culturel qui s'autofinance est un immense défi quel que soit l'endroit du monde où l'on se trouve. Presque inconnu dans les pays africains francophones, plus familière dans la sphère anglo-saxonne, la notion de fonds bloqués et placés dont ne sont utilisés que les intérêts (Endowment fund) est de l'ordre de la curiosité et de l'utopie en Afrique, tous pays confondus.
C'est pourtant ce pari fou, en Afrique, que l'EPA, grâce au soutien notable de l'ICCROM, est en train de gagner, avec 72,2% de fonds récoltés sur les 2.250.000 euros recherchés. Achever la mise en place du Fonds EPA au plus tard dans les deux prochaines années, tel que le propose le plan de développement stratégique de l'EPA adopté par le Conseil d'Administration, le 15 septembre 2004 à Porto-Novo, apparaît comme un objectif réaliste.
Nous tenons à dire un chaleureux merci à tous ceux qui ont répondu aux deux premières campagnes du fonds et dont nous soulignons la contribution sur le graphique ci-dessous.
Nous espérons que ces premiers partenaires continueront de nous soutenir et que d'autres suivront leur exemple pour que nous puissions mobiliser les 626.000 euros qui restent.
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News of the EPA Endowment Fund
Launching a self-financed cultural institution is a huge challenge in any part of the world. Almost unknown in French-speaking African countries, though better known in English-speaking areas, the notion of funds held in escrow in a bank, from which only the interest is used, is something of a curiosity and a utopia in Africa.
However, thanks notably to the support of ICCROM, it is this wager in the African context that EPA is about to win, with 72.2% of the 2,250,000 euro (2,900,000 USD) target already raised. Setting up of the Endowment Fund in the course of the next two years at the latest, as suggested in EPA's strategic development plan adopted by the Administrative Board on September 15, 2004 in Porto-Novo, now appears to be a realistic objective.
We wish to thank warmly all those who answered the first two fund-raising campaigns and who appear in the chart below.
We hope that these first partners will go on supporting us and that new ones will follow their example, so that we may raise the remaining 626,000 euro (808,000 USD).
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72,2% collectés | 72.2% raised:
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Ministero degli Affari Esteri (Italia) |
33.7% |
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The Getty Foundation |
10.7% |
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Ministère des Affaires étrangères (France) |
6.8% |
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Agence intergouvernementale de la Francophonie |
6.3% |
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Gouvernement du Bénin |
5% |
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ICCROM |
3.8% |
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Ministère de la Culture (France) |
2.2% |
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Leventis Foundation |
1.3% |
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Gouvernement de la Tunisie |
0.9% |
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Fondation Bettencourt-Schueller |
0.7% |
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Particuliers/Individuals |
0.7% |
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RFI (Radio France Internationale) |
0.01% |
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In memoriam : Emmanuel Arinze
- Notes biographiques
Emmanuel Arinze a commencé à travailler dans les services éducatifs des musées en 1972, qu'il a dirigé de 1972 à 1989. Il fut le premier Nigérian au poste de Responsable de l'éducation dans les musées au Département fédéral des Antiquités. A sa mort, il occupait les fonctions de Président du Commonwealth Association of Museums, membre du Bureau du Comité International ICOM pour la formation du personnel, membre du Bureau du Programme for Museum Development in Africa (PMDA) et Président d'AFRICOM.
Emmanuel Arinze nous a quittés le 11 février 2005. Il aurait eu 60 ans le 25 décembre 2005.
- Témoignage
" A mon retour d'une courte absence il y a quelques jours, j'ai appris avec tristesse le décès d'un collègue et ami, Emmanuel Arinze. La nouvelle fut dévastatrice.
" Je connaissais Emmanuel depuis la fin des années 70 quand j'étudiais l'archéologie africaine au Ghana. Nous avons tous les deux activement participé à la création d'AFRICOM, dont le moment fort a été l'assemblée constituante d'octobre 1999 à Lusaka, Zambie, pendant laquelle Emmanuel joua un rôle fondamental. Nous fûmes tous deux des partenaires actifs dans les activités du PMDA, et il nous manquera beaucoup. Emmanuel s'inquiétait toujours du futur des musées en Afrique. Il a toujours souhaité que les musées africains puissent être autonomes afin de permettre leur développement et la professionnalisation du personnel. Il a été un fervent défenseur de cela.
" Je me souviendrai toujours d'Emmanuel comme d'un collègue stimulant et très amical.
" QUE SON AME REPOSE EN PAIX ".
Dr Musonda, National Museums Board, Zambia
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In memoriam: Emmanuel Arinze
- Biography
Emmanuel Arinze joined the Federal Civil Service as Museum Education Officer in 1972 and was Head of Education Services in Nigerian Museums from 1972 to 1989. He was the first Nigerian to be appointed as Museum Education Officer in the Federal Department of Antiquities. At his death, he was President of the Commonwealth Association of Museums, Board Member of ICOM International Committee for the Training of Personnel, Board Member of PMDA-Programme for Museum Development in Africa and President of AFRICOM.
Emmanuel Arinze died on February 11, 2005. He would have been 60 on December 25, 2005.
- Testimony
"On my return from a short vacation a few days ago, I learnt of the sad death of a colleague
and friend, Emmanuel Arinze. The news was indeed shattering and mind boggling.
I had known Emmanuel since the late 1970s when I was studying African Archaeology in
Ghana. We both actively participated in the formation of AFRICOM, culminating in the
constituent Assembly of October 1999 in Lusaka, Zambia, at which Emmanuel played a pivotal role. We were
both active partners in the operations of the programme for Museum Development in Africa (PMDA),
and he will be greatly missed. Emmanuel was always concerned about the future of Museums in
Africa. He always wished Museums in Africa could enjoy some form of autonomy in order to allow
for their development and professionalism among staff. He was a strong advocate of this.
I will always remember Emmanuel as an inspiring colleague and a true friend.
MAY HIS SOUL REST IN PEACE." Dr Musonda, National Museums Board, Zambia
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 Ce numéro vous est offert par la Coopération italienne. This issue is brought to you with the support of Italian Cooperation.
Rédaction : Alain Godonou, Anne Avaro, Gérard Tognimassou ; contributions : Lois Irvine, Dr Francis Musonda. Révision anglais/English editing: Michael Westlake.
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