La Lettre de l'EPA N°41

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Bandeau La Lettre 41

 
 
 
 

L'Editorial de Samuel Kidiba

 

Samuel Kidiba ….L’œuvre de l’homme n’est point finie… Elle ne vient que de commencer…A. Césaire.

Chers lecteurs de la Lettre de l’EPA,

Le 11 novembre 2018, l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, fêtait le 20ème anniversaire de sa création….Vingt ans d'activités, de réalisations et d'expertise … au service du patrimoine culturel africain. Vingt ans de contribution au développement durable du continent. L’EPA, c’est aujourd’hui plus de 300 projets et activités, plus de 1 500 participants (professionnels, décideurs, journalistes…), plus de 50 partenaires techniques et financiers…..Du chemin parcouru depuis le 11 novembre de l’année 1998 où des personnes précieuses et très inspirées ont décidé de créer cette institution. Merci donc aux précurseurs et aux acteurs qui ont œuvré pour la concrétisation du rêve de mettre sur pied une telle institution au service du continent. Nous sommes fier du parcours : de la Maison PREMA à l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA ; de l’accord de siège qui en a fait une organisation internationale au Bénin à la reconnaissance par l’Union Africaine qui en a fait une institution panafricaine. L’EPA, c’est un ancrage régional et un réseau international. A ce moment précis, nous pensons notamment à Gaël de Guichen, à Alain Godonou, à Baba Kéita et à tous les autres. L’institution fait, certes face à de nouveaux défis mais elle a toute sa place encore dans un contexte où le changement climatique, l’emploi des jeunes, les sources africaines de la Diaspora, la restitution des biens culturels tiennent le haut de l’actualité et où les Etats africains deviennent de plus en plus sensibles à l’importance du patrimoine pour le développement.

Je me réjouis et me félicite de ce nouveau contexte. Il y a quatre ans exactement, en janvier 2015, je prenais les rênes de l’EPA. A ma prise de service, j’avais souhaité que ce soit : « ensemble que nous hissions l’EPA au plus haut pour en faire une institution plus forte, plus solide pour gagner le combat d’une meilleure conservation et promotion du patrimoine culturel africain. ». Au terme d’un mandat plein de défis, il me plaît de dire que l’œuvre est loin d’être terminée. Elle ne fait que commencer. Ahmadou Kourouma disait qu’ « il faut toujours remercier l'arbre à karité sous lequel on a ramassé de bons fruits pendant la bonne saison. ». Je rends grâce donc pour tout ce qui s’est passé durant ces quatre années. Nous avons fait du mieux que nous avons pu, mon équipe et moi. J’ai envie de dire avec Emile de Girardin que « Tout le temps qu'on dépense à regarder en arrière est du temps qu'on n'emploie pas à regarder en avant. ». L’EPA continuera à travailler pour être au service des États et peuples d’Afrique.

Je voudrais remercier tous ceux qui ont été à mes côtés et aux côtés de l’EPA. Grand merci au Gouvernement du Bénin et à son chef, Son Excellence Monsieur le Président de la République Patrice Talon, qui ne cessent d’accompagner l’Institution dans sa marche vers le mieux-être. Merci au Conseil d’Administration et à toutes les institutions qui m’ont accompagné. Grand merci, particulièrement au Professeur Brice Sinsin, ancien Recteur de l’Université d’Abomey Calavi-UAC, ancien Président du Conseil d’Administration de l’EPA et au Professeur Maxime da CRUZ qui l’a remplacé à ces deux nobles postes. Grâce à eux, l’EPA occupe désormais toute la place qu’il lui revient au sein de l’UAC. Grâce à eux, l’EPA, bénéficie de toute l’attention qu’elle mérite. Grâce à eux, une licence professionnelle en gestion du patrimoine, permettra dès cette rentrée académique 2018-2019, de former des jeunes béninois et africains aux métiers du patrimoine utiles à un développement adapté aux réalités d’un continent en pleines mutations et qui s’interroge davantage.

Nous sommes des tresseurs de corde. Le temps est venu pour moi de passer le témoin. D’autres viendront après nous pour poursuivre l’œuvre. C’est pourquoi plus qu’un bilan, pour moi, l’heure est à la projection. Le renforcement des capacités, l’amélioration des conditions de vie, et de travail de l’équipe, les réflexions sur le devenir et la pérennité de l’institution, l’heure de la restructuration, des réformes, de fond en comble, sont toujours à l’ordre du jour. Ce sont, pour nous, des raisons supplémentaires de nous projeter et de projeter l’EPA dans les 20 prochaines années.

« Le temps est le meilleur bâtisseur de l'amitié. », écrivait Tahar Ben Jelloun.

Merci pour votre amitié et bon vent à l’EPA.

A très bientôt chers amis.

Samuel Kidiba

 

 
 

Dossier

 

Sixième édition du cours francophone d'élaboration des dossiers de nomination sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

Formation intensive La Liste du Patrimoine Mondial compte en 2018, 1092 biens inscrits dont 845 biens culturels, 209 biens naturels, 38 biens mixtes et 54 en péril. Ces biens sont situés dans 167 pays sur les 193 Etats parties. 35 pays sur les 43 états parties africains ayant signé la Convention abritent 95 de ces biens inscrits dont 52 biens culturels, 38 biens naturels et 5 biens mixtes, soit une représentativité de 8,7%. Dans le même temps, 30% des biens en péril sont sur le continent africain.

Cette situation qui n’honore guère les pays africains révèle deux cas : (i) la qualité des dossiers de nomination soumis par les États africains et (ii) la gestion même des biens inscrits dont la conséquence directe est la sur représentativité sur la liste des biens en péril. Alors même que l’Afrique, malgré tout, possède un nombre impressionnant de biens à valeur universelle exceptionnelle qui mérite d’être reconnu par l’humanité.

La communauté internationale soucieuse de l’équilibre de la représentativité de toutes les régions du monde et des Etats les moins représentés sur la liste, a lancé en 1994 la stratégie globale. l’une de ses déclinaisons est la mise en place de programme de renforcement des capacités de l’expertise africaine à travers le montage des dossiers d’inscription et la gestion des biens inscrits.

Photo de familleC'est dans cette optique que s'est déroulé la 6ème édition du cours francophone d’élaboration des dossiers de nomination à Kigali (Rwanda) du 10 au 29 septembre 2018. Ce cours a connu la participation de 16 participants venus de 10 pays (Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, Rwanda, Tchad, Togo) avec de 9 nouveaux dossiers de nomination. Le but de ce cours est l’inscription d’au moins 3 nouveaux biens africains d’ici à l’horizon 2020.

Le cours est axé sur la théorie et la pratique. La théorie a permis :

- d’aborder dans un premier temps les notions liées au processus d’élaboration et d’inscription d’un bien : l’annexe de présentation, le mécanisme de fonctionnement de la convention, les critères d’inscription, l’intégrité, l’authenticité, l’analyse comparative, les limites du bien, le système de protection et de gestion, la déclaration de la VUE et les procédures d’évaluation ;

- d’initier les participants pendant la dernière semaine à l’entreprenariat sur les sites du patrimoine mondial. Dans cet enseignement, il a été question de la mise en place d’activités génératrices de revenus afin de soutenir les efforts de conservation et de la réalisation du plan d’affaires. A ce niveau également, les participants ont présenté des esquisses de plan d’affaires à partir d’idées de projet d’activités génératrices de revenus;

La pratique a consisté à faire des sorties sur des sites proposés à l'inscription par le Rwanda, notamment des sites liés au génocide et l’amélioration des dossiers des participants au fur et à mesure de l’évolution des concepts théoriques.

Les participants sont repartis tous renforcés avec l’espérance de présenter les dossiers de nomination à partir de 2020. La phase de suivi par les experts et personnes ressources est prévue pour 2019.

Franck Ogou

 
 

Evènements

 

Conseil d'Administration de l'EPA

Le dixième Conseil d'administration de l'EPA s'est tenu du 26 au 27 juillet 2018, en présence du Professeur Maxime Da Cruz, Recteur de l'Université d'Abomey-Calavi(UAC),Président ; de M. Weber Ndorro, Directeur général du Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), Vice-président; de Mme Carole Borna, Directrice du Patrimoine Culturel du Bénin, membre; de Mme Blanche N'Guessan, Directrice du Patrimoine Culturel de la Côte d'Ivoire, membre. A ceux-ci, se sont ajoutés les représentants de plusieurs Ministères du Bénin dont celui de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique, des Affaires Étrangères et de la Coopération, de l'économie et des Finances et quelques observateurs. Cette session du Conseil d'administration s'était tenu après des changements à la direction de l'UAC et de l'ICCROM. Elle augure des perspectives ambitieuses pour l’École du Patrimoine Africain.

Mariam Chitou


Formation de formateurs en gestion muséale : le musée Mâ Loango de Diosso prépare la formation de ses futurs agents

TP Le musée Mâ Loango de Diosso, qui depuis plusieurs années tombait en décrépitude, a été reconstruit grâce à un partenariat établi entre les Ministères des Hydrocarbures et de la Culture avec Total E&P Congo. Suite à sa réouverture aux publics le 23 août 2018, l’Ecole du Patrimoine Africain - EPA a été sollicitée pour une session de formation des formateurs. Organisée du 04 au 14 décembre 2018 dans les locaux du musée, elle avait pour objectif de renforcer les capacités de sept (07) professionnels, pour prendre en charge la formation des futurs agents dudit musée, dans le but : - d'améliorer les conditions de conservation et de diffusion des collections du musée Mâ-Loango ; - d’accroître l’image du musée par la mise en place d'offres culturelles attrayantes ainsi que l’amélioration du cadre institutionnel et organisationnel.

Les modules ci-après, retenus pour la session ont permis d’analyser les conditions de conservation et de diffusion des collections du musée en vue d’apporter des réponses pour un meilleur impact. - Introduction à la conservation préventive du patrimoine - Outils de gestion et stratégie d’autonomisation des institutions du patrimoine - Concept et mise en scène d’exposition - Documentation et stockage des collections - Rôle du bâtiment dans la conservation des collections - Médiation culturelle.

Ils ont été précédés d’un module introductif non moins important sur la didactique, « Techniques de conception et de gestion d’un enseignement professionnel ». Tous les modules ont été contextualisés pour répondre aux diverses problématiques de conservation et de médiation que soulève la gestion du musée Mâ Loango de Diosso..

Le principal résultat obtenu, et le plus important, est la constitution d’un réseau de formateurs pour le musée de Diosso, mais également pour d’autres musées du Congo pour peu que les acquis soient consolidés. Pour que l’impact sur le musée soit bien mesuré il revient désormais à l’équipe formée de transmettre les savoir et savoir-faire acquis lors de cette session.

Diane Toffoun


Formation sur le montage de projets et la gestion des évènements et manifestations culturels à Abomey

L’École du Patrimoine Africain-EPA en partenariat avec l’Unité Afrique du Centre du patrimoine mondial et le Fonds pour le Patrimoine mondial Africain (FPMA) a organisé du 26 au 28 décembre 2018, à Abomey, une formation sur le montage de projets et la gestion des évènements et manifestations culturels à l’intention des membres de l'Association pour la protection et la promotion du site des palais royaux d'Abomey (A2PRA).La dite formation a été initié dans le cadre de la protection et de la valorisation des palais royaux d'Abomey inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité depuis 1985.

Cette association dont l’objectif est d’appuyer l’équipe de gestion du site afin d’en améliorer la gestion entend assurer une meilleure implication des communautés locales. En effet, le site des Palais Royaux est dans un état d’abandon apparent qui résulte en partie de l’absence de réaffectation d’usage du site au profit des communautés locales en raison de leur manque d’implication dans la valorisation du bien. Les cours intérieures sont souvent envahies par les hautes herbes et l’extérieur, par les sachets plastiques, ce qui peut affecter son potentiel d’attraction touristique. Ces palais, autrefois des lieux de vie, sont aujourd’hui des espaces fermés aux publics bien que certains soient aménagés, comme les palais de Guézo et de Glèlè qui abritent le musée historique d’Abomey.

L’objectif général poursuivi par l’EPA à travers la formation de Dix (10) membres de l'Association pour la protection et la promotion du site des palais royaux d'Abomey (A2PRA) est de renforcer leurs capacités opérationnelles d’intervention dans la gestion et la promotion des palais royaux d’Abomey. De manière spécifique, il était question d’initier les participants aux principes de montage de projets culturels et la recherche de financement à travers toutes les possibilités au plan national et; de les doter de capacités de création d’un évènement culturel et les implications liées à son organisation.

Il importe de préciser que cette formation a eu lieu dans le cadre des journées culturelles dont le slogan était : « Ouvrons nos palais ». Le projet a bénéficié du soutien financier du Fonds-en-dépôt des Pays-Bas et a permis aux populations et chefs des douze lignées de la dynastie royale d'Abomey d’assister dans l’enceinte de différents palais d’assister à différents tableaux artistiques faits des rythmes Zinlin, Hanyé, Adja, Agbotchébou, Toba...Les Palais de Houégbadja, le fondateur du royaume du Danxomè, ceux des rois Guézo, Glèlè et Agoli-Agbo) ont reçu à cet effet la visite de touristes, d'autorités locales, de têtes couronnées, de femmes et mêmes d'enfants venus découvrir pour le riche patrimoine culturel d'Abomey étaient très satisfaits.

 Osséni Soubérou

 
 

Ils nous ont rendu visite

 

Visite du Ministre de Wallonie Bruxelles International

photo de familleUne délégation de Wallonie Bruxelles International composée de Madame Pascale Delcomminette, Administratrice Générale de Wallonie Bruxelles Internationale (WBI) ; Monsieur Yann Gall, Délégué Général de la Délégation de Dakar de Wallonie Bruxelles (Sénégal) et de deux représentants de Wallonie Bruxelles (Bénin) était en visite à l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA. Les échanges ont porté sur la revue des collaborations en cours et à venir.

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Visite du Président du Conseil d'Administration de l'ICCROM

photo de familleDans le cadre d’une mission sur le site des Palais Royaux d’Abomey au Bénin, site classé Patrimoine mondial de l’UNESCO, M. Olivier Martin a profité de son statut de Président du Conseil du Centre International d’Etude pour la Conservation et la Restauration des Biens Culturels-ICCROM, pour visiter l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA. Il a pu ainsi échanger avec l’équipe-EPA sur les projets en cours et les perspectives de l’Ecole. L’EPA a été créée, il y a 20 ans, grâce à la volonté de l’ICCROM et de l’Université d’Abomey-Calavi, ex-Université Nationale du Bénin.

 

 
 

Vingtième anniversaire de l’EPA et perspectives

 

TP11 novembre 1998 - 11 novembre 2018. L’EPA a fêté vingt (20) ans d'activités, de projets, de réalisations et d'expertise au service du patrimoine culturel Africain pour un développement durable du continent. Nos sincères remerciements à nos différents partenaires.

 
 
 
 
 

Parole de Sagesse

 
«On entend le fracas des arbres qui tombent, mais pas le murmure de la forêt qui pousse.» — Proverbe Touareg  
 
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Edition : Mariam Chitou, Osséni Soubérou.
Conception : Anne Avaro avec la participation de Aude-Maïmouna Guyot-Mbodji.
© Ecole du Patrimoine Africain 2019 - ISSN 1840-5630
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