La Lettre 30

 
 
 
 
 

L'EPA et le Fonds EPA

 

Logo Fonds EPA

«On entend le fracas des arbres qui tombent, mais pas le murmure de la forêt qui pousse» dit un proverbe touareg. Eh oui, cela fait déjà 15 ans que l’EPA a été créée pour contribuer au développement socio-économique des pays et peuples africains, à travers la conservation et la valorisation de leurs patrimoines culturels.

Cette mission, l’EPA la réalise par la formation de professionnels, l’éducation au patrimoine culturel, l’expertise et l’assistance dans les projets de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine pour le développement durable et enfin l’édition et la diffusion de publications spécialisées.

Suite à la dernière contribution en date au Fonds EPA en provenance du Ministère de la Culture du Luxembourg qui contribue ainsi pour la deuxième fois avec un montant de 12 000 euros, et à l’occasion du 15ème anniversaire de l'institution, nous consacrons ce numéro spécial de La Lettre de l’EPA au Fonds : son origine, sa gestion et son actualité.
 
En effet, ce fonds fiduciaire constitue l’une des stratégies pour couvrir le budget de fonctionnement de l’EPA et lui assurer un financement durable.

Tout en vous souhaitant une bonne lecture de ce numéro spécial de la Lettre, je profite de ces derniers jours de l’année pour vous présenter, les meilleurs vœux de l’Ecole du Patrimoine Africain.

Bonne  et heureuse année  2014 !

Baba Keita

 

1- Leçons du passé

Le futur d’un pays repose sur l’investissement qu'il fait pour former ses élites, que ce soit dans le domaine économique, médical ou culturel. Cependant, lorsqu’un pays n’offre pas suffisamment de débouchés et que les coûts de formation sont élevés, il n’est pas toujours possible de lancer des programmes de formation de qualité au niveau national. La formation doit alors se faire à un niveau régional. C’est exactement ce qui s’est passé dans les années 60, dans le domaine de la formation aux métiers du patrimoine culturel tangible en Afrique subsaharienne, lorsque l’Unesco créa le centre de Jos pour les 22 pays anglophones, suivi dans les années 80 par la création du Centre de Niamey pour les 23 pays francophones.

Ces deux institutions furent entièrement financées durant 10 ans par le programme de participation des Nations Unies (PNUD) en attendant que les pays bénéficiaires prennent le relai. Or, à la fin de leur dixième année, par un concours de différents facteurs (budget de fonctionnement élevé, secteur d’activités trop réduit et aucun soutien des pays africains), les deux centres sont redevenus nationaux et n’ont plus eu de vocation régionale de formation.

2- Le programme PREMA

A cette même époque, l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels) analyse le retour de deux enquêtes qu’il a lancé sur les conditions de conservation dans les musées de l’Afrique subsaharienne. Les résultats démontrent que de nombreux facteurs de détérioration et de disparition agressent les collections dans les musées : infestations d’insectes, incendies, vols, inondations, abandons. En parallèle, le manque de formation du personnel de ces musées ne permet pas de faire face à ces problèmes. Pour répondre à ces menaces, l’ICCROM développe son premier programme régional (1986-2000), PREMA (PRÉvention dans les Musées Africains) dont les objectifs sont :
a) de créer d’ici l’an 2000 un réseau de professionnels africains pouvant assumer la responsabilité de la conservation du patrimoine mobilier et de la formation future,
b) d’assurer la conservation des collections des musées d’Afrique subsaharienne.

Deux ans avant la fin du programme, en septembre 1998, sur autorisation de son Assemblée générale et à la demande des professionnels africains, l’ICCROM s’associe avec l’Université nationale du Bénin, actuelle université d’Abomey-Calavi, pour créer une école régionale de formation, l’École du Patrimoine Africain – EPA à Porto-Novo au Bénin.

Tirant les leçons du passé et de ce qu’il est advenu des écoles précédemment créées, l’ICCROM décide dès le départ de l’autofinancement de l’EPA. Afin de donner à l’EPA du temps pour mettre en place son fonctionnement et sa recherche d’autofinancement, l’ICCROM couvre jusqu’au 31 décembre 1999 les dépenses de l’EPA avec le programme PREMA.

3- L'EPA et la recherche d'une solution pour assurer un financement durable

Dans le domaine de la culture, il est extrêmement rare de voir une organisation culturelle qui ne reçoive pas annuellement une subvention de la part d’un gouvernement, d’une université ou d’une autre structure de financement. Néanmoins, à partir du 1er janvier 2000, l’EPA s’est mise à fonctionner comme une petite et moyenne entreprise devant trouver les moyens chaque année pour s’autofinancer.

L’EPA a ainsi dû mettre en place un système pour couvrir son budget de fonctionnement composé des salaires, de l’entretien des locaux, des fournitures, de la communication, des consommables et des transports. Entre 2000 et 2001, son équipe était composée de 7 personnes et son budget de fonctionnement était couvert par les seuls frais de gestion que l’EPA prenait sur les contrats des activités qu’elle signait.

Cependant, l’EPA s’est vite aperçue que si elle voulait pouvoir se développer il lui fallait trouver une source de financement extérieure pour recevoir le soutien régulier complémentaire dont elle aurait besoin puisque les seuls frais de gestion ne lui suffiraient pas à couvrir l’ensemble de ses dépenses sur le long terme.

C’est pourquoi, en 2001, l’ICCROM a créé à Rome (Italie) un fonds fiduciaire, le Fonds EPA, afin que les intérêts produits annuellement puissent aider l’EPA à couvrir une partie de son budget de fonctionnement.

4- Le fonctionnement du Fonds EPA

En 14 ans d’efforts continus, l’ICCROM a pu recueillir 2 496 204 euros pour le Fonds EPA grâce aux contributions de 23 pays, fondations, organisations internationales, organismes privés et particuliers (voir la liste).

Graphique Fonds EPA septembre 2013

Suivant ses Statuts, le Fonds EPA est géré par l’ICCROM par l’intermédiaire d’un Comité de gestion. Ce Comité de gestion est composé du Directeur général de l’ICCROM en tant que Président, du Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi et d’un Conseiller financier. Le Comité de gestion a la responsabilité des investissements du Fonds EPA.

Le Fonds EPA est également doté d’un Haut patronage prestigieux composé de 10 personnalités internationales engagées à nos côtés pour défendre le patrimoine culturel :

Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, M. Abdou Diouf, Secrétaire général de l'Organisation Internationale pour la Francophonie, M. Alpha Oumar Konaré, ancien Président de la Commission de l'Union Africaine, M. Koïchiro Matsuura, ancien Directeur Général de l'UNESCO, M. Quincy Jones, producteur, compositeur et interprète, M. Javier Pérez de Cuéllar, ancien Secrétaire général des Nations Unies, M. Jacques Chirac, ancien Président de la République Française, Mme Maria de Jesus Barroso Soares, Présidente de la Fondation Pro Dignitate, M. Carlo Azeglio Ciampi, ancien Président de la République italienne, M. Emile Derlin Zinsou, ancien Président de la République du Bénin.

5- Stratégies pour couvrir le budget de fonctionnement de l’EPA

Après plus de 15 ans d’existence, l’EPA s’est beaucoup développée en passant d’une équipe de 7 à 19 personnes et en construisant un second bâtiment pour mieux accueillir les activités. Durant cette période elle a mis en place deux moyens pour couvrir son budget de fonctionnement : les frais de gestion pris sur les contrats des activités qu'elle réalise, d'autres sources de financement (sponsor, dons, etc.) et les intérêts générés par le Fonds EPA.

Cependant, après 15 ans d’existence, les deux sources de financement ne donnent plus à l’EPA les moyens suffisants pour se développer. L'EPA a donc travaillé au renforcement de ces deux sources et au développement d'une troisième. Idéalement, ces trois sources de financement devraient contribuer à parts égales à la couverture du budget de fonctionnement de l'institution.

5.1 Recherche active d'activités contractuelles

Les activités contractuelles de l’EPA sont au cœur de son fonctionnement. Sans elles, l’EPA ne pourrait couvrir son budget de fonctionnement. Elles sont généralement financées par des partenaires extérieurs tels que la Fondation Getty, la Fondation Annenberg, l’UNESCO, l’Union Européenne, le Fonds pour le patrimoine mondial africain, le Ministère des Affaires étrangères français, etc.

Ses activités touchent autant à la formation, l’expertise et l’assistance avec la réhabilitation de bâtiment ou d’ensembles patrimoniaux, la médiation du patrimoine culturel, ainsi que de projets pluridisciplinaires ayant un impact sur le développement économique et social.

Afin d'avoir le plus d'impact possible sur la région, l’EPA travaille activement au développement de projets de grandes envergures et sur le long terme qui répondent aux besoins qui se font sentir dans le domaine sur le continent.

L’EPA remercie infiniment tous ses partenaires financiers qui ont soutenu ses activités depuis 1998 : 

Pays : Ministères de la culture d'Afrique, Ministère des Affaires étrangères, France, Ministère de la Culture et de la Communication, France, Ministère des Affaires étrangères, Bénin, Ministère des Forces Armées et de la Défense, Sénégal, Ministères de l’Enseignement Supérieur d’Afrique, Ministère italien des affaires étrangères, Ville de Nantes, France, Ville de Porto-Novo, Bénin, Ministère des Affaires Etrangères Norvège, Gouvernement de la Côte d’Ivoire, Gouvernement de la Guinée.
Organisations internationales et régionales : UNESCO, ICCROM, le Centre du patrimoine mondial, Fonds pour le patrimoine mondial africain (FPMA), Fonds pour la sauvegarde  du patrimoine culturel immatériel, UNESCO, Programme Mémoire du monde, UNESCO, Fonds des Ambassadeurs américains UNESCO, Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ICOMOS, UA, CEDEAO, UEMOA, Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), Coopération belge francophone Wallonie Bruxelles International, Banque mondiale, Organisation Internationale de la Francophonie (Fonds Francophone des Inforoutes), Fonds Japonais en dépôt auprès de l’UNESCO, Fonds italiens en dépôt auprès de l’UNESCO, Bureaux multi-pays de l’UNESCO de Dar-Es-Salam Tanzanie, et d'Accra, Ghana.
Fondations : Fondation Getty, Etats-Unis d’Amérique, Fondation Prince Claus, Pays-Bas, Fondation Annenberg, Etats-Unis d’Amérique, Fondation EDF, France.
Programmes : Africa 2009.
Union Européenne : Union Européenne, Programme de soutien aux initiatives culturelles Décentralisées (PSICD) – Bénin, Programme Société Civile et Culture (PSCC) – Bénin, Fonds Régional de Promotion et d’Echanges culturels en Afrique de l’ouest.
Autres : Conseil National des Chargeurs du Cameroun, Service de coopération et d’action culturelle - SCAC (Ambassade de France au Bénin), Mali, Togo, Institut Français - France.

5.2 Augmentation du Fonds EPA

La quatrième campagne de lévée de fonds

Pour parvenir à renforcer la production des intérêts du Fonds EPA, une résolution a été votée par les Etats membres de l’ICCROM, lors de sa XXVIème Assemblée générale en novembre 2009. Elle a chargé l’ICCROM de débuter une nouvelle campagne de recherche de fonds afin de porter le Fonds EPA à 3 000 000 d’euros.

A ce jour, trois donateurs ont répondu à cette résolution pour un montant de 109 000 euros.

Draoeau du LuxembourgLe Ministère de la Culture du Luxembourg qui a versé deux contributions (2010 et 2013) pour un montant total de 34 000 euros.

Logo Fondation Heydar Aliyev

La Première dame d’Azerbaïdjan, Mme Merhiban Aliyeva, a fait une généreuse contribution de 50 000 euros au Fonds EPA, à travers sa Fondation Heydar Aliyev.

Logo Fondation AnnenbergLa Fondation Annenberg Weingarten qui a contribué à hauteur de 25 000 euros (2010).


L’EPA et l’ICCROM manifestent leur profonde gratitude pour ces donateurs et leurs engagements en faveur de la conservation du patrimoine culturel africain.

La campagne se poursuit avec pour objectif de recueillir 503 800 euros en 5 ans.

5.3 Implication des pays africains bénéficiaires

Depuis maintenant 15 ans, l’EPA (qui a été reconnue comme organisation internationale par le gouvernement du Bénin en 2009) a offert ses services sans aucune contrepartie aux 26 pays d’Afrique subsaharienne francophone, lusophone et hispanophone (Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Comores (Iles), Congo Démocratique, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Maurice (Iles), Mauritanie, Mozambique, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Rwanda, São Tomé et Príncipe, Sénégal, Tchad, Togo). Ce sont entre autres, plus de 220 activités qui ont été organisées dans ces pays et plus de 1230 fonctionnaires qui ont suivis les cours, séminaires, ateliers et conférences organisés par l’EPA. Au vu de ces résultats, dans la résolution de la XXVIe Assemblée générale de l’ICCROM les délégations africaines ont demandé particulièrement aux pays de la zone d’action de l’EPA de s’engager pour assurer la pérennité de l’organisation.

Drapeau Côte d'Ivoire

En 2013, la Côte d’Ivoire, à travers son Ministère de la Culture et de la Francophonie et le Sénégal, à travers son Ministère des Forces Armées et de la Défense se sont engagés à contribuer annuellement au budget de fonctionnement de l'EPA.

Drapeau du Sénégal

Nous remercions chaleureusement la Côte d’Ivoire et le Sénégal pour leur engagement à nos côtés. L’objectif de l’EPA est d'obtenir une contribution directe et régulière d'au moins 6 des pays bénéficiaires sur les trois prochaines années.

 

 
 

Vous aussi soutenez l’EPA !

 
Quatre bonnes raisons de soutenir l’EPA :
1-  l’EPA est une institution unique et originale en Afrique subsaharienne.
2-  l’utilisation du patrimoine culturel comme vecteur de développement durable est l’avenir de l’Afrique.
3-  l’EPA offre un gage de qualité et de transparence.
4- soutenir les actions de l’EPA c’est avant tout participer à une extraordinaire aventure humaine où l’homme et le patrimoine culturel sont placés au coeur de l’action et des projets pour le développement.
 
 

Comment faire ?

 
Si vous désirez soutenir le Fonds EPA, contactez l’ICCROM :   Si vous désirez soutenir une activité de l’EPA, contactez l’EPA :

Gaël de Guichen

Conseiller du directeur de l’EPA
Mail : gaeldeguichen@libero.it
Tél. : (+39) 066 83 09 441
et
Florence Lamy-Joly

Chargée de mission Fonds EPA
Mail : flj@iccrom.org
Tél. : (+39) 065 85 53 301

Baba Keita

Directeur de l’EPA
Mail : baba.keita@epa-prema.net
Tél. : (+229) 20 21 45 78
(+229) 20 21 48 38



 
Rédaction : Gaël de Guichen, Florence Lamy-Joly, Anne Avaro.
Conception : avec la participation de Aude-Maïmouna Guyot-Mbodji.
© Ecole du Patrimoine Africain 2013 - ISSN 1840-5630